N°16
EN BREF :
La politique foncière et de l’habitat de l’actuelle municipalité est symptomatique d’une gouvernance “à courte vue“, au coup par coup, sans logique, sans vision, sans prise en compte d’actes qui, de surcroit, apparaissent souvent comme étant plus subis que décidés par la représentation locale. Un promoteur se présente, on lui dit oui, sans réflexion préalable sur les conséquences éventuelles d’une telle décision.
Disons le tout net, notre commune n’est plus vraiment dirigée au sens où ce ne sont plus véritablement les élus, tous les élus qui décident, elle n’est plus conduite, elle n’est plus menée.
Elle est un bateau qui dérive au gré des vents, un bateau dont le seul destin est de s’échouer plus ou moins rapidement si une main sûre ne vient pas, rapidement, reprendre le gouvernail.
Que deviendraient alors les passagers, c’est à dire les Provilloises et les Provillois ?
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LES GRANDES DÉCLARATIONS ET LES FAITS
C’est banalement classique, certains bâtissent, les suivants inaugurent et se glorifient sans pudeur dans une certaine presse complice (ça doit être ça “l’amitié“). Ainsi, profitant de l’inauguration (?) de la résidence“ Joséphine Baker“, l’actuel locataire du bureau du maire déclarait avec une assurance qu’on ne lui connaissait pas “Après cela, on arrête, on ne bétonne plus à Proville, la résidence du Val d’Hermenne sera un point final à l’extension urbaine“.( Voix du Nord du 28 mars 2022 )
Au delà d’un engagement bien imprudent, il tenait là un propos particulièrement étonnant avec ce terme “bétonner“ (s’agissant de logements destinés à mieux loger certains de nos concitoyens comme d’accueillir de nouveaux provillois ) dans la mesure où c’était exactement ce même mot qui avait été employé par l’ancienne opposition (2014/2020) et qu’avait, alors, fermement dénoncé, cet ancien adjoint.
Et puis, fort de cette déclaration d’une inhabituelle fermeté de sa part, on apprenait, un an plus tard (La Voix du Nord du 17 novembre 2023, puis L’Observateur du 22 décembre 2023) qu’allaient, tout en haut de l’avenue de Paris, se construire 70 logements locatifs, preuve éclatante que “les promesses n’engagent que ceux qui y croient“, la fidélité n’étant pas une vertu politique. Proville aurait donc son Machiavel. Bigre, qui l’eut cru !
En fait, caméléon un jour, caméléon toujours ! Notre bon (?) maire se montre, une nouvelle fois, le spécialiste des virages à 180 degrés, preuve d’une grande souplesse d’adaptation au moment et aux circonstances. On déteste le lendemain ce que l’on a adoré la veille, pourvu que ça profite !
Provilloises, Provillois, gare à l’excès de confiance, cela s’apparente à du suicide, et je suis trop bien placé pour le savoir.
Pour certains ce serait là du pragmatisme, mot savant pour désigner ce qu’on appelle en langage courant du “retournement de veste“, pour d’autres ce serait plus simplement du cynisme, voire de la démagogie, ce qui remet, de fait, en cause le contrat passé avec les citoyens électeurs ainsi trompés. A eux d’en prendre conscience et d’en tirer les conséquences !
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EFFETS ET CONSÉQUENCES
Il importe de s’interroger sur les conséquences de ce nouveau (et ce ne sera pas le dernier) manque de respect à la parole donnée.
1) Sur le plan financier. S’agissant de logements locatifs sociaux, la société propriétaire sera exonérée de taxe foncière sur les propriétés bâties pendant 15 ans à compter de l’année qui suit leur achèvement. Ces constructions ne rapporteront donc rien à la commune avant, au moins, 2041.
Ses habitants ne participeront donc pas au paiement des services que la commune va leur rendre à travers tant des investissements que du fonctionnement journalier. En revanche, peut on affirmer que ceux-ci ne seront pas un facteur de charges ? S’agissant de logements sociaux, c’est à dire seulement accessibles à des personnes disposant de faibles moyens, ces dernières seront toujours en droit de se tourner vers la commune en cas de difficultés extrêmes. Et l’on sait que la population française s’appauvrit.
2) Dans le domaine de notre école. On pourrait toujours penser qu’une telle réalisation, dans la mesure où elle amènerait des couples jeunes, leurs enfants pourraient venir abonder les effectifs de notre école et ainsi permettre le maintien de classes ( il semblerait que l’une d’entre elle pourrait être menacée de fermeture à plus ou moins court terme ). Mais comment croire que des enfants habitant à trois kilomètres du centre de Proville pourraient venir, en nombre, fréquenter l’école communale alors même qu’une école cambrésienne se situe bien plus près et que les dérogations réciproques sont systématiques?
Là encore, aucun bénéfice pour la commune.
3) La situation et la circulation. Quelle idée géniale que d’aller implanter à 3 kilomètres du centre ville de Proville, comme de celui de Cambrai, un ensemble d’habitations qui devrait accueillir au moins 150 personnes plus ou moins en difficultés financières et qui se trouveront ainsi très loin tant des services publics que des services de santé ! A t’on pensé dans les “hautes sphères“ de la mairie aux problèmes pratiques que cela allait poser à ces habitants ?
Et puis, on va se retrouver en haut de cette avenue de Paris avec un potentiel d’au moins 50 automobiles supplémentaires qui vont s’ajouter à toutes celles amenées par le nouveau Centrakor ( qui avait obtenu un accord d’installation par la commission départementale d’aménagement commercial en 2020) mais surtout par ALDI, à qui cet accord officiel avait été refusé, en respect des réglements, par deux fois avant que le maire décide seul, sans consulter les différentes autorités dédiées et en contravention avec les dispositions du schéma de cohérence territoriale, d’accorder un permis de construire à ce magasin qui n’amènera rien d’autre que des difficultés de circulation supplémentaires sur cette voie déjà tellement encombrée.
4) Les logements “séniors“. Quinze logements, sur les soixante dix prévus, seraient réservés à des séniors. Cela pourrait, à première vue, constituer une bonne initiative. Les séniors ont, par la force des choses et par les conséquences de l’âge, des besoins différents de ceux des personnes plus jeunes. Et le principal de ces besoins est la proximité.
– la proximité des services “administratifs“ (poste, banque, mairie).
– la proximité des services de santé (médecin, pharmacie, infirmière, kinésithérapeute) – la proximité des commerces de produits de première nécessité.
Si, en l’état, on peut considérer que cette dernière condition est remplie, ce n’est en rien le cas s’agissant des deux autres ce qui posera inévitablement de véritables problèmes. Ainsi, parce que ces logements seront à loyer modérés, seuls les “séniors“ les plus en difficulté financière les occuperont et supporteront, contraints et forcés, les conséquences de leur éloignement tant des services administratifs que des services de santé.
En fait, il s’agit là d’une mauvaise idée, comme est une mauvaise idée la réalisation d’une autre résidence sénior de 24 logements (ce qui ne sera que la quatrième dans la commune), située au sein d’un bloc préfabriqué, dans la résidence du “Val d’Hermenne“ (accessible par la voie du même nom). Celle-ci, située à 400 mètres du centre ville, ne bénéficiera d’aucune des proximités citées et, de surcroit, le retour vers les logements ne pourra se faire que par des rues en pente raide, ce qui, chacun en conviendra, sera un obstacle majeur pour les aînés.
Deux résidences séniors sont déjà à la disposition des aînés provillois :
– l’une, privée, située avenue de Paris, connectée et avec des services de qualité compensant l’éloignement géographique, de haut de gamme donc avec des loyers relativement chers, accessible bien entendu à des personnes disposant de ressources confortables. Cette résidence privée a été construite et mise en service il y a une dizaine d’années.

– l’autre, dite “Le Béguinage“, réalisée en 2001, fruit d’une volonté municipale avec la collaboration de la société Norévie (branche Floralys), dirigée et animée par une personne de qualité aux petits soins avec les résidents, disposant de 16 logements de qualité (types 2 et types 3), située sur un site bucolique, au calme et disposant d’un parc arboré, à 50 mètres de la boulangerie, 70 mètres d’une banque, 100 mètres d’une pharmacie et de la mairie, 140 mètres d’un cabinet médical ( médecins, dentiste, kinésithérapeute ). En fait, tout à disposition et facilement accessible.

En résumé, une vraie résidence pour séniors prenant en compte toutes leurs préoccupations et leurs éventuelles difficultés de déplacement.
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EN CONCLUSION
Nous avons un maire actuel qui déclare en 2022, faisant référence à la résidence du Val d’Hermenne : “C’est fini, on ne bétonnera plus“ puis qui annonce, un an plus tard l’édification de 70 logements sociaux, situés sur une voie très passante, à 3 kilomètres du centre de Proville et des services essentiels. Voila bien une personne de parole !
Mais qui cela peut encore étonner ? En outre, on multiplie les “résidences séniors“ (expression un peu galvaudée en l’espèce), sauf qu’on les installe “au diable vauvert“, en dépit du bon sens, sachant que les aînés ont d’abord besoin de proximité et d’un maximum de services. Mais où est la réflexion dans tout ça ?
Décidément, on ne peut que le constater et le répéter, ne peut être un “bon“ maire celui qui ne fait que le prétendre. C’est affaire de sérieux, de compétences, de travail et ainsi de résultats probants et incontestables. Et là, on ne peut que rester sur sa fin, pour le moins !
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